J’ai récemment été interviewé par 01net sur le thème de la place des tablettes en entreprise. En attendant la publication de ce dossier, je vous propose de retrouver ci-dessous l’intégralité de cette interview qui j’espère vous éclairera sur ce thème ainsi que sur le positionnement d’iSeeds par rapport à l’émergence des ces nouveaux terminaux en entreprise.
Bonne lecture.
1/ Que représente selon vous le marché de l’iPad/des tablettes en entreprises ? (nombre d’unités en 2011, chiffre d’affaires attendu pour les éditeurs en 2011, chiffre d’affaires attendu pour les autres prestataires en 2011). Quel est le rapport entre la demande effective et les prévisions des analystes ?
Le marché est très demandeur actuellement et confirme les données dont nous disposons (cf notre blog et en particulier le billet sur le GARTNER.)
Les principales demandes de nos clients que nous constatons à ce jour sont les suivantes:
- Accompagner les demandes de développement d’applications sans avoir à investir sur des équipes internes (rapidité de mise en œuvre, spécificités techniques, pérennité des compétences dans le temps)
- Accompagner les DSI des entreprises dans l’intégration, la gestion de flotte et le support aux utilisateurs iPhone/iPad au sein des processus existants. Très peu d’entreprises ont le savoir faire dans l’environnement Apple mais désirent mettre en place des solutions opérationnelles très rapidement.
2/ Quelles sont les entreprises qui vont utiliser l’iPad/une tablette en entreprises ? (quels sont les exemples d’entreprises ou, à minima, le type d’entreprises qui vont utiliser une tablette)
Nous percevons deux types de demandes très distinctes :
- les applications internes destinées à améliorer la productivité des collaborateurs (manager, commerciaux, techniciens, )
- les applications « Clients » destinées à améliorer la communication sur les marques ou la vente de services connexes en BtoBtoC (monétisation)
La demande d’applications devient de plus en plus mature privilégiant la convergence entre le web et les apps à valeur ajoutée qui soient convergentes avec le SI (via des webservices)
A noter un intérêt tout particulier sur la création de store d’entreprise qui permettent d’adresser de manière distincte les collaborateurs et les « clients » (sur le modèle APPSTORE)
A ce jour nos clients peuvent se classer en 4 catégories :
• les Grandes entreprises (CAC40, grosses PME)
• les Groupes/Editeurs de logiciels Métiers (CRm,ERP,)
• les Médias (radio, presse , )
• les TPE/PME
3/ Pourquoi utiliser l’iPad/une tablette en entreprise ? Parce que cet appareil apporte de nouvelles fonctions ? (lesquelles ?) Parce qu’il permet de mieux travailler (comment ?) Parce que ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui poussent à son utilisation ? (que peut-on dire à ce sujet ?)
Utiliser un iPad en entreprise c’est appréhender d’une nouvelle façon le couple Utilisateur/Outil au travers d’interfaces d’un nouveau genre : simples à mettre en œuvre, mobiles et efficaces.
On ne parle plus d’IHM (Interface Homme Machine) mais d’IMH (interface Machine Homme) Nous pensons que le principal élément à prendre en compte désormais, est l’analyse des nouveaux usages.
Ce n’est pas l’appareil lui même qui apporte de nouvelles fonctions mais, c’est l’ensemble du dispositif (modèle des Applications, distribution de ces applications, mise en oeuvre rapide) qui séduit les utilisateurs/collaborateurs et cela, dans une convergence acceptée des usages privés ET professionnels.
En ce qui concerne les utilisateurs je vous renvoie à notre blog ou nous avons largement traité ce sujet :
« En effet, et au delà des polémiques trop souvent stériles entretenues par les anti ou les pro Apple, pour la première fois depuis la naissance de l’informatique et des réseaux de télécommunication, des équipements et un système simple de distribution des applications placent désormais l‘Utilisateur au centre d’un écosystème complet et simple de communication.
L’Utilisateur/Collaborateur devient ainsi le point de convergence naturel des différents processus d’informations auxquels il est confronté. Il ne sera plus simplement un spectateur soumis mais va devenir un acteur majeur de son Système d’Information globalisé.
Il faut le considérer dès maintenant, en toute circonstance et en permanence connecté, comme un fournisseur et un consommateur temps réel d’informations en situation d’hypermobilité. L’hypermobile ne subit pas la mobilité, il l’optimise ! »
4/ Quelles sont ou quelles seront les utilisations, les applications professionnelles de l’iPad/des tablettes ? Quels sont les projets en cours de déploiement ou déjà déployés dont vous avez connaissance ?
Les utilisations sur lesquelles nous travaillons peuvent être classées en trois catégories et concernent :
- les applications pour les VIP (Comités de direction, directions générales, managers) en particulier les dashboards.
- les métiers commerciaux (avec connexions aux CRM et ERP d’entreprise, catalogues produits cross média, gestion documentaire, profiling client )
- les métiers de support (technicien, responsable qualité, )
Nous privilégions toujours une analyse BPM (business process management) ayant pour but de recentrer les applications sur une analyse pragmatique du besoin et sa traduction en interfaces simples.
A noter que nous concluons plusieurs partenariats importants avec des éditeurs métiers afin d’intégrer une offre mobilité à leur catalogue.
5/ Comment se passe le déploiement d’un projet professionnel sur iPad ? (Contraintes pour intégrer l’iPad au SI et le maintenir dans le temps ? Contraintes pour distribuer une application sur iPad ?)
La première étape, que l’on soit dans le cadre d’un déploiement professionnel ou grand public consiste à activer un terminal via iTunes. Ce logiciel doit donc impérativement être intégré au SI d’une entreprise. Il y’a pour cela plusieurs façons de procéder, en installant soit iTunes sur le poste de chaque collaborateur ou en installant une seule version à partir de laquelle on distribuera ensuite des informations (programmes, certificats, …) en mode Over The Air.
Une fois qu’une flotte d’iPad a été activée via iTunes, on peut établir et distribuer des profils utilisateurs via un utilitaire de configuration de profils fourni gratuitement par Apple. Cela permet par exemple d’interdire ou de limiter l’accès à certaines fonctionnalités de l’appareil.
Il est possible également d’opter pour une solution globale de gestion de flotte à l’aide d’un outil tiers de Mobile Device Management comme (Mobileiron, Ibelem ou AirWatch…) qui va lui permettre d’obtenir des données relatives aux usages faits des terminaux : inventaires détaillés de le flotte, consommations, effacement de certaines données à distance en cas de perte ou de vol etc…
En ce qui concerne le déploiement d’applications en interne, une société pourra acquérir une licence enterprise qui lui donne le droit de diffuser des applications réalisées sur mesure. L’application peut être hébergée en interne et être rendue accessible via un lien direct. L’administrateur peut également pousser l’application directement sur l’iPad ou l’iPhone des collaborateurs en mode over the air. Dans le cadre de cette licence, aucune soumission n’est effectuée auprès d’Apple : il n’y a donc aucun droit de regard sur ce qui est distribué, contrairement à ce qui se fait sur l’AppStore
6/ Dans un cadre professionnel, que faut-il penser de l’iPad (technologie fermée ? fonctions manquantes ? Lien avec l’iPhone ? bénéfice d’avoir une plateforme de référence unique ?) ? Que faut-il penser de son concurrent le plus important, le Galaxy Tab de Samsung ? (fonctions et universalité d’Android ?) Que faut-il penser des tablettes sous Windows ?
Sur l’AppStore, Apple effectue une vérification a priori des applications et se réserve le droit de publier ou non un programme si une infraction des guidelines est constatée. En entreprise, la situation est bien différente, puisque les applications peuvent être distribuées en mode in-house avec un licence enterprise. Dans ce cadre précis, Apple n’effectue aucune vérification sur ce qui est mis à disposition des utilisateurs. La technologie ne peut pas être considérée comme verrouillée si l’on reste dans un contexte professionnel.
La force d’Apple réside dans le fait de proposer un système d’exploitation unique sur ses iPhone et iPad : iOS. Ils ont en fait retranscrit ce qu’ils font avec leurs ordinateurs en optimisant parfaitement la partie software au hardware. De ce fait, il est assez aisé de concevoir un programme puis de le porter sur l’iPhone ET l’iPad (en adaptant l’interface utilisateur au terminal ciblé bien entendu). Ajoutons que l’outil de développement (SDK) fourni par Apple est mis à jour régulièrement avec de nouvelles fonctionnalités et qu’il est aisé à prendre en compte pour un développeur possédant des compétences en C.
La Galaxy tab de Samsung a connu un beau succès grand public, ce qui démontre qu’il y a de la place pour d’autres tablettes que l’iPad. Néanmoins, si l’on se concentre sur l’entreprise, Android demeure un produit encore jeune, orienté grand public, et les problématiques liées à la sécurité sont encore peu prises en compte, contrairement à ce que propose RIM ou Apple. Notons également qu’Android n’est pas encore bien adapté et optimisé pour les tablettes et il faudra attendre la version 3.0 HoneyComb pour juger de la capacité d’Android à s’imposer sur ce segment de marché.









