Antenna-gate : petit problème de conception et grosse guerre de communication

3 août 2010 par pascal moutet Laisser une réponse »
antennagate

Bad buzz de début d’été pour Apple : son denier né, l’iPhone 4, ne capterait pas bien et c’est évidemment toute la toile qui s’enflamme pour tirer à boulets rouges sur la marque à la pomme : communication désastreuse, mépris des utilisateurs, travail baclé, etc…

Quelques semaines après ce « scandale », il convient de revenir en détails sur cet épisode pour tenter de comprendre ce qu’il s’est vraiment passé, en évitant les parti-pris idéologiques.

Le problème de réception sur l’iPhone 4 est avéré et force est de constater qu’Apple, même si elle a mis du temps à réagir sur la place publique, n’a pas nié le phénomène. Steve Jobs est monté au créneau pour tenter d’expliquer ce problème dans une conférence de presse visionnable ici.

Certains ne seront certainement pas d’accord mais je pense pour ma part que Jobs a plutôt été bon dans cet exercice et a pris ses responsabilités, ce que peu d’acteurs du secteur font en cas de crise.

Il explique en substance que ce problème de réception n’est pas exclusif à l’iPhone 4 et que d’autres Smartphones ont le même, vidéos à l’appui.

Il est aisé de penser que l’on a moins parlé des autres Smartphones pour une raison très simple : leur sortie est nettement moins médiatisée et les problèmes passent donc logiquement plus facilement sous silence.

Jobs cite ensuite des chiffres concernant le taux de retour de l’Iphone 4 après trois semaines de commercialisation et force est de constater qu’il est très bas : 1,7% contre 6 pour le 3GS et 0,56% des utilisateurs ont fait état d’un problème de réception auprès du programme Apple Care.  Il semble donc objectivement que ce problème de réception soit vraiment minime.

J’ai d’ailleurs fait ma petite enquête dans mon entourage : il ne semble pas  que l’iPhone 4 pose de problèmes en ce qui concerne la qualité des appels.

Conclusion technique de cette affaire: il y a effectivement un problème, très peu impactant en terme d’utilisation.

Ce qui est vraiment intéressant dans cet antennagate, ce sont les réactions empreintes de mauvaise foi et les prospectives hasardeuses. Je ne peux m’empêcher de citer cet article de l’Expansion, assez révélateur de l’état d’esprit des observateurs sur cet épisode.

Le journaliste évoque un dévissage de l’action Apple en bourse qui aurait déjà eu lieu. Un rapide coup d’œil sur le cours de l’action Apple montre que cette affirmation est erronée.

Le retour des appareils est également évoqué. La facture se chiffrerait à 1,5 milliard de dollars pour Apple. C’est amusant d’extrapoler sur cette éventualité puisque plus de 98% des utilisateurs de l’iPhone 4 sont satisfaits de leur acquisition…

Dans le même ordre d’idées, la concurrence en a évidemment profité pour railler Apple, c’est de bonne guerre mais peut-être peu efficace.

Samsung s’est par exemple payé la campagne d’affichage suivante :

C’est effectivement amusant, mais opposer à Apple une qualité de réception prétendument supérieure, c’est un peu faible en terme d’argumentaire et il est difficile de voir en quoi cette publicité pourrait à elle seule convaincre des utilisateurs de passer chez Samsung.

Motorola a suivi le mouvement de moquerie en s’offrant cet encart dans de nombreux journaux:

Ces publicités me semblent assez symptomatiques des l’état de ces deux société face à Apple : on ne peut pas communiquer sur l’innovation ou le design, alors on se sert des défauts de notre concurrent. C’est certes amusant, mais peu classe, et pas forcément efficace en terme de ventes.

Au delà du problème technique avéré (et pas seulement sur l’iPhone 4), l’antennagate a donc constitué une bonne opportunité pour la concurrence de se faire de la publicité facilement et pour certains journaux de se lancer dans un exercice de sensationnalisme visant à écouler quelques exemplaires supplémentaires.

Que reste t’il de cette affaire un mois et demi après son apparition ? Pas grand chose : l’iPhone 4 continue à s’arracher dès sa mise en vente sur un territoire et le taux de retour du produit reste très faible.

Gageons que la concurrence devra opposer dans le futur autre chose que la raillerie pour espérer concurrencer sérieusement Apple qui fait plus que jamais figure de bête à abattre. La tâche est immense.

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