Une importante conférence intitulée Geo-Loco ayant, comme son nom l’indique, pour sujet la géolocalistion s’est tenue à San Francisco le 21 juillet dernier. De nombreux orateurs en provenance de Twitter, Google, Apple etc… se sont succédés pour évoquer le futur et l’impact de la géolocalisation sur les services internet d’ici à 2014.
Les conclusions de ces différentes interventions sont accessibles ici et là.
Je vous propose une petite traduction des principales prédictions émises au cours de cette réunion:
1) Les données géographiques seront rendues gratuites par des outils tels que OpenStreet Map et d’autres dispositifs nourris par les utilisateurs, entrainant la disparition des fournisseurs de données payantes
2) La géolocalisation fera partie intégrante de n’importe quelle application mobile
3) Plus de la moitié de la publicité mobile sera géolocalisée en 2014
4) Tout contenu mis à disposition par un internaute sera potentiellement géotaggué
5) La proximité va devenir un élément de filtrage primordial dans la recherche de contenu
6) Le scan de codes barres (et QR codes) à partir de terminaux mobiles va révolutionner la façon dont les utilisateurs accèdent à l’information
7) Les systèmes de géolocalisation seront intégrés aux réseaux sociaux
8) La localisation va permettre et favoriser de meilleures relations (entre les personnes ?). L’équivalent d’un web local va émerger.
9) Les utilisateurs ne souhaiteront pas payer pour utiliser des systèmes de géolocalisation
Il convient de commenter rapidement certaines de ces prédictions qui oscillent quelque peu entre optimisme échevelé (gratuité des données géo, révolution dans les modes de consommation des contenus et amélioration des relations humaines) et consensus (intégration de la géo aux réseaux sociaux : c’est déjà un peu le cas).
En ce qui concerne la mise à disposition de données gratuites, je reste un peu dubitatif. Tout comme c’est le cas à présent, la valeur (marchande) d’une information se calculera en fonction de sa qualification. Il est difficile de voir en quoi la géolocalisation changerait la donne.
La prédiction portant sur la révolution de la consommation de contenus via des codes barres me paraît à nuancer. Les utilisateurs ne vont pas utiliser des codes barres pour le plaisir d’utiliser des codes barres mais pour accéder à des contenus qui revêtent une véritable valeur ajoutée. C’est donc la richesse multimédia et la capacité à concevoir des dispositifs innovants autour du scan de codes qui enclenchera ou non cette révolution, et pas une technologie.
Ensuite, la géolocalisation comme vecteur d’amélioration et de renforcement des relations, il me semble que la question est personnelle et difficilement mesurable. Demandons-nous déjà si FaceBook ou autre MySpace et Twitter ont « renforcé » nos relations. La réponse varie d’un individu à l’autre et la géolocalisation ne devrait pas changer cet état de fait.
Je traduis pour finir une phrase prononcée lors de cette conférence par Robert Scoble (société RackSpace ) :
« La mobilité et la géolocalisation constituent le troisième chapitre de la révolution internet après la Recherche (Search) et les réseaux sociaux (Social) ».
Effectivement, on passe d’un système ou l’humain cherche pour trouver depuis un ordinateur à un système où le terminal mobile trouve pour l’humain en fonction de ce qu’il pourrait rechercher. C’est effectivement révolutionnaire et cela préfigure assez clairement d’un passage des interfaces Homme – Machine vers des interfaces Machine – Homme. Ce phénomène va évidemment changer énormément de choses et constituer à n’en pas douter un chapitre à part entière de l’histoire d’internet.

