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Point de vue : quand l’histoire du web se répète

7 mai 2010

Je ne sais pas si vous vous souvenez de cela, mais à la fin des années 90, développer un site internet et le faire s’afficher correctement sur Netscape et Internet Explorer constituait un véritable casse-tête : pour des raisons qui échappaient quelque peu au développeur, ces 2 navigateurs star de l’époque n’interprétaient pas le code de la même façon, mais alors pas du tout. Des heures de tâtonnement, de reprise de code pour arriver à un rendu parfois bancal.

Résultat, l’utilisateur était très souvent invité sur la page d’accueil d’un site à télécharger IE xx pour pouvoir visualiser correctement les contenus, puis Netscape est petit à petit passé à la trappe, remplacé par d’autres, des années plus tard.

C’était fastidieux pour le développeur et l’internaute, mais l’indulgence de mise : internet était dans une phase « expérimentale », les noms d’oiseaux échangés entre Microsoft et Mozilla divertissaient le public.

2010 : après quelques années d’une certaine stabilité marquée, entre autres, par l’émergence de navigateurs « propres » (Firefox, Chrome, Opera, Safari…) et les travaux de standardisation du W3C, on en revient un peu au point de départ avec une nouvelle opposition entre Apple et Adobe.

Si dans les années 90, les sites s’affichaient différemment d’un navigateur à l’autre, la situation est d’une certaine manière pire en 2010 puisque certains éléments ne s’affichent plus du tout sur certains terminaux. On parle évidemment du Flash sur iPhone et iPad.

Il n’est pas ici question de rentrer dans une querelle d’experts qui tenterait assez vainement d’établir qui à tort ou raison : HTML 5 constitue effectivement un support extrêmement prometteur en terme de développement. Le problème étant qu’il n’est pas finalisé et qu’il ne le sera certainement pas dans les mois (ou années) à venir.

Quant au Flash, force est de constater qu’il fait partie intégrante du paysage web et qu’il constitue l’outil privilégié de développement de bien des secteurs. Ne citons ici que celui du rich-media ou du e-learning.

La conclusion, c’est que la petite histoire du web, comme l’Histoire avec un grand H tend à se répéter, sans toujours tirer les enseignements du passé : les éditeurs cherchent à avoir raison, sans prendre en compte le point de vue de l’utilisateur.  Il serait peut-être temps de passer d’une logique de loi du plus fort à une politique de collaboration, de compromis et de discussion. Tout le monde devrait y gagner.

Pascal Moutet
Consultant multimédia & mobilité