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De l’influence des nouvelles pratiques dans notre travail

13 juillet 2010

Une récente mission d’information sénatoriale sur le mal-être au travail a rendu le 7 juillet dernier un diagnostic qualifié de préoccupant, accompagné d’une série de propositions pour améliorer le management, la médecine du travail et le Code du travail.

« A l’évidence, le mal-être au travail progresse dans notre pays. Il touche tous les secteurs d’activités, les employés comme les cadres, sans oublier les chefs d’entreprises », a déclaré le sénateur UMP Gérard Dériot, rapporteur de la mission d’information, lors d’une conférence de presse.

La mission d’information constituée en octobre 2009, composée de 19 membres issus de tous les groupes parlementaires, a mené au total 36 auditions (syndicats, patronat, DRH, psychologues, sociologues, etc) sous la présidence du sénateur PS Jean-Pierre Godefroy. Rapport complet sur http://blogs.senat.fr/mal-etre-au-travail/

En voici un extrait en lien avec notre activité :

LE MAL-ÊTRE AU TRAVAIL : PASSER DU DIAGNOSTIC À L’ACTION

« Des causes à rechercher dans les mutations du monde du travail

La recherche de la performance, qui n’est pas nouvelle, ne saurait cependant expliquer à elle seule le malaise actuel. Un autre élément d’explication est à trouver dans l’isolement croissant des salariés : autrefois, le mal-être au travail était pris en charge par des collectifs qui assuraient solidarité et entraide ; or, l’individualisation des rapports de travail, la chasse aux « temps morts »,la sous-traitance en cascade, le développement des nouveaux outils de communication qui, à la fois, connectent et isolent, les fréquentes réorganisations ont affaibli les collectifs de travail et laissent, trop souvent, les salariés seuls face à leur souffrance. Vécue sur le mode de l’échec individuel, cette souffrance tend à être analysée en termes psychologiques, même lorsqu’elle trouve son origine dans des problèmes concrets d’organisation ou de management. »

Nous pensons qu’il manque quand même un volet important à cette analyse : celui des nouvelles pratiques qui accompagnent ces mutations profondes du monde du travail dans les années à venir.

Quatre points me paraissent importants à prendre en compte désormais :

1 – l’hypermobilité et ses conséquences sociologiques,
2 – La Convergence acceptée des usages mixtes « personnels / professionnels»
3 – La prise de pouvoir des Utilisateurs qui imaginent chaque jour de nouveaux Usages,
4 – La naissance de nouveaux outils au service des utilisateurs.

En effet, et au delà des polémiques trop souvent stériles entretenues par les anti ou les pro Apple, pour la première fois depuis la naissance de l’informatique et des réseaux de télécommunication, des équipements et un système simple de distribution des applications placent désormais l‘Utilisateur au centre d’un écosystème complet et simple de communication.

L’Utilisateur/Collaborateur devient ainsi le point de convergence naturel des différents processus d’informations auxquels il est confronté. Il ne sera plus simplement un spectateur soumis mais va devenir un acteur majeur de son Système d’Information globalisé.

Il faut le considérer dès maintenant, en toute circonstance et en permanence connecté, comme un fournisseur et un consommateur temps réel d’informations en situation d’hypermobilité. L’hypermobile ne subit pas la mobilité, il l’optimise !

(Je renvoie le lecteur à une enquête très intéressante réalisée par CLMBBDO et cinq experts M. Georges Amar – Directeur de la prospective à la RATP, M. Albert Asséraf – Directeur général stratégie études et marketing de JCDecaux, Mme Perla Servan-Schreiber – Groupe Psychologies, M. Minh Tran – Co-Founder, Nokia Advertising Service et M. Jean Viard –Docteur en sociologie, Directeur de recherches CNRS au CEVIPOF sur ce sujet majeur)
http://www.offremedia.com/DocTelech/Newsletter/mobilife.pdf

Qu’on le veuille ou non, nous sommes à l’aube d’une mutation profonde due en partie à la crise qui frappe les organisations et les processus d’entreprises. Des réflexions sur « l’agilité » , les outils et l’évolution des métiers se multiplient dans tous les domaines d’activité.

Grâce à l’extrême simplicité d’utilisation et à l’ergonomie de ces nouveaux outils, tout Utilisateur va souhaiter plus facilement, contrôler et maîtriser les différents moyens ainsi que les solutions qui sont mis à sa disposition.

Mais ce qui est vraiment nouveau à mon sens, c’est que l’utilisateur va imposer aux directions des Systèmes d’Informations un nouveau modèle orienté Usages, basé sur la convivialité des interfaces et la simplicité d’utilisation au quotidien et ce, quelque soient le contexte et le lieu.

Les conséquences de ce changement profond nous obligent à rechercher désormais des solutions qui permettent à la fois de concilier vie privée et vie professionnelle vers un seul objectif : rendre le temps utile ! (*)

Nous sommes convaincus que les dirigeants d’entreprises, les utilisateurs, les DSI sans oublier bien sur les politiques, doivent dès à présent intégrer cette nouvelle donne dans leurs réflexions futures au service d’un avenir meilleur.

(*) «Le temps a appartenu à Dieu, ensuite au travail. Aujourd’hui il m’appartient. Si je décide de le perdre c’est ma décision. Mais vous ne pouvez pas me faire perdre mon temps !» JEAN VIARD Directeur de recherches CNRS